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    July 25

    Chouette

     
     

    Seul, seul sur le canapé, seul sur son canapé, seul sur son canapé il dort, fourbu, ivre de fatigue, sa tête tourne, il ne contrôle plus, épuisé.

    Il repense à ce beau moment, hier, chez elle, sur son canapé, quand après lui avoir dit qu'il n’était pas son type, elle est venue le consoler au creux de ses bras pour le mal qu’elle lui faisait.

    Que ses petites mains dans ses grandes siennes lui furent plaisantent à sentir, à serrer.

    Qu’il lui fut doux de s’endormir quand son dos est venu se lové au creux de son ventre, deux, sur son canapé.

    Qu’il lui fut bon après qu’elle l’eût invité à partager son lit de ne pas dormir tous les deux côte à côte, dos contre ventre, pas contre non! avec.

    Bras emmêlés, mains dans mains, son corps dans ses bras, sa bouche dans son cou, qu’il lui fut bon de se réveiller auprès d’elle.

    Seul sur son canapé, il pense à elle, et à l'autre qu’elle a rejoint ce soir, va t’elle lui dire qu’il n’est pas son type d'homme?
     
     
    July 22

    L'agneau carnivore

     
     
    "Et j'ai été touché par l'hallucinante beauté de prendre conscience d'aimer ce que l'on aime."
     
     
     
     
    Augustin Gomez-Arcos
     
    July 17

    L'affiche rouge

     
     
    interprétation Sapho
     
     

    Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
    Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
    Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
    Vous vous étiez servis simplement de vos armes
    La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

    Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
    Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
    L'affiche qui semblait une tache de sang
    Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
    Y cherchait un effet de peur sur les passants

    Nul ne semblait vous voir Français de préférence
    Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
    Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
    Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
    Et les mornes matins en étaient différents

    Tout avait la couleur uniforme du givre
    A la fin février pour vos derniers moments
    Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
    Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
    Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

    Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
    Adieu la vie adieu la lumière et le vent
    Marie
    toi sois heureuse et pense à moi souvent
    Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
    Quand tout sera fini plus tard en Erivan

    Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
    Que la nature est belle et que le cœur me fend
    La justice viendra sur nos pas triomphants
    Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
    Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

    Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
    Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
    Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
    Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
    Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
     
     
     
    Poême de Louis Aragon
    July 16

    ego suite

     
     
    Ma tête du lendemain de ma tête du jour
     
     
     
     
     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Alors pour ma tête du jour     TAPEZ 1

    pour ma tête du lendemain de ma tête du jour TAPEZ 2

     

    Yééééé

     

     

    Ego narcissisme

     
     
    Ma tête du jour 
     
     
     
     

     

     

     

     

     

    July 03

    Com.

     

     

     

     

    22h22

     

    -Allez cette fois c’est décidé,  je me mets  devant l’écran, et j’écris !

     

    23h04

     

    -Alors t’en est où?

    -Ben j’ai gagné deux euros vingt trois au poker c’est bien hein ?

    -J’aime bien quand tu vas au bout de ce que tu décides.

    -Oui bon ça va hein, j’ai rien à dire d’abord.

    -Ben il s’agit pas de dire mais d’écrire non ?

    -Mais c’est pareil, et comme je « dis » beaucoup, je n’ai plus rien à écrire.

    -Mais oui, mais oui bien sur, n’est-ce pas toi qui écrivais il y a quelque temps

     

    « Quel plaisir d’écrire.

    Quel plaisir d’essayer de produire quelque effet en inscrivant, je n’ose marquer « écrivant », des mots qui lorsque  je les relirai me procureront du bonheur, parce que humoristiques ou profonds ou réfléchis ou autres et qui soit au mieux me raviront, au pire me désoleront.

    A ce moment là, précisément, celui de la lecture.

    Quel étonnement de pouvoir créer un plaisir, une joie, ou simplement un sourire, une envie, une réaction quelle qu’elle soit finalement uniquement en lisant.

    Quelle magie, quel bonheur, quelle fierté de pouvoir créer çà.

    Même s’il ne reste qu’une phrase au milieu d’un tas d’immondices, celle-ci existe puisqu’elle  produit ce sentiment cette envie cette réaction, suffirait t’il alors de faire ça tous les jours pour arriver à produire de plus grandes choses ?

    Des phrases, des paragraphes, des chapitres ?

    L’écriture peut-être être de l’arithmétique?

    Et puis, et puis surtout, par dessus-tout écrire et à cause, grâce à cela écouter, regarder, voir, trouver des sujets, s’ouvrir au reste pour pouvoir créer, SA CHOSE, ce que l’on peut faire et qui laisse une trace aussi éphémère soit elle.

    Qui y’a t’il entre l’écriture et la lecture ?

    Entre l ‘auteur des mots, des phrases et le lecteur de ceux ci ?

    Quels rapports peuvent exister entre les deux ?

    L’auteur a t’il besoin du lecteur ?

    Les phrases ne peuvent elles être écrites que dans le but d’êtres lues ?

    L’auteur calcul t’il les effets qu’il va produire sur le lecteur comme le comique écrit ses textes en soulignant les endroits ou le public va s’esclaffer ? »

     

    -Oui, tu as raison, j’ai écris cela, il y a longtemps, je ne le renie pas, loin de là, mais aujourd’hui je me tourne beaucoup plus vers une autre forme d’expression, la mienne, celle qui me convient le plus en tout cas.

    Peut on appeler la photo une forme d’expression ?

    Je pense que oui, mais d’une façon différente bien sur de l’écriture, la photo est en tout cas pour moi instinctive, on n’a pas le temps de chercher à poser tel mot avec tel autre, mais certaines formes de construction se retrouvent se recoupent.

    Quand je fait une image, je cherche.

    Je cherche les couleurs qui iront ensemble, les lignes, les diagonales, les tiers, les fuyantes, je compose, en quelques secondes, beaucoup plus instinctivement, mais là aussi je créé.

    Et là encore plus j'ai la sensation d'ouverture sur l'extérieur. Faire des photos me fait voir des choses autrement au quotidien.

    J'entends dire que les photographes volent, je crois qu'ils rapportent.

    Bien sur le choix de ce qu'ils rapportent est parfois discutable, mais là, leur "art", n'est pas en jeu, juste leurs pensées.

    Ce que je ne comprends pas, c’est  pourquoi comparer à un texte, une photo apporte si peu de mots, de réflexions, on ne dit rien d’une photo, ou si peu, ou si rarement.

    Nous savons lire parce que nous avons appris à lire, peut être devrions nous apprendre à plus, mieux, différement regarder.

    Si un écrit amène à des réflexions écrites, peut être que l'écrit n'est pas adapté à une réflexion sur la photo.