didier's profileC'est ballotPhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
May 22 SimplicitéC'était hier soir, ou plutot hier en fin d'après midi, nous avions passé celui-ci à la plage, avec amis et amies, ben oui quoi pourquoi n'écrire que amis, alors qu'il y avait plus de représentantes de la gente féminine?
Parce que la langue veut que... bon ok d'accord, cette fois j'ai pas envie de respecter les règles.
Nous avions passé l'après midi à jouer sur la plage, volley, raquettes, je me suis surpris à aimer être là, être de ceux qui étaient à la plage.
Fin d'après midi donc, nous y revenons, nous sommes chez Jean. Je vais dans la cuisine. Je l'aperçois, j'aperçois son dos. Instinctivement, sans y réfléchir, et bien au dela, sans y penser je m'approche. Je vais venir passer mes bras de chaque coté de son buste, les croiser devant son ventre pour la serrer un peu, la sentir contre moi, et poser au creux de son cou un baiser. Arrivé à un mètre derrière elle, je réalise, je redescends, je ne peux pas faire ça. Ce fut juste un désir furtif, non pas un désir, aucune notion de désir ne m'a traversé à ce moment. Je n'ai réalisé que par la suite la pureté de cette envie, c'était juste simple et naturel, mais ce ne fut pas; et j'en garde un merveilleux souvenir.
Qu'il est bon de se sentir capable d'éprouver cela.
Qu'il est dommage de devoir arriver à 46 ans pour vivre ça.
Bah, il n'est jamais trop tard.
May 09 ArmisticeJournal de la 2 à 13h00, enfin qui commence à 13h00, faut être précis.
Aujourd'hui 9 mai, c'est l'anniversaire de l'armistice en Russie, car Staline n'avait pas digérer que les accords du 8 mai est été ratifiés en zone non soviétique, du coup il avait fait resigner des accords en Russie.
Journal de 20h00 tf1.
Aujourd'hui 9 mai,c'est l'anniversaire de l'armistice en Russie, à cause, je vous le donne en mille, tatata, du décalage horaire. Yéééé.
Alors, qui c'est qui se trompe, qui c'est qu'a pas bien vérifié ses sources?
Ou alors, qui c'est qui ment sciemment, enfin bon j'y crois pas hein, faut pas voir le mal partout.
De quoi on m'aurait menti à l'insu de mon plein gré?
May 06 La fleur du malLaisse courir tes doigts Sur la colonne vertébrale du piano J'laisse aller mon âme J'laisse aller ma peau Laisse courir tes doigts Comme sur le dos D'une femme au repos Il se couve un drame Un triste mélo Une chambre d'hôtel Le rire des filles, un piano Je me souviens d'elle De ses jolis mots Ecrits sur les fleurs du mal Mon premier cadeau Je vous abandonne Je vous aimais trop Je vous aimais trop, je vous aimais mal Je t'aimais si fort que j'te veux du mal J'étais tellement près de toi Que près des autres j'ai froid Nuit de gel quand le miroir se casse Sur le faux marbre des bars Des hôtels de passe Et j'ai relevé mon col J'veux plus des mots qui racolent Je connais la route de la plage Je sais d'avance quel virage Me conduit vers la mort Je vous aimais trop, je vous aimais mal Je t'aimais si fort que j'te veux du mal C'est un soir de fièvre La lumière glacée tout là-haut Coupée au rasoir Tombe des rideaux Un baiser salé Comme une blessure Ancienne au couteau Une histoire d'amour Qui dure un peu trop Plus de cigarettes Des verres cassés, un piano J'laisse couler mes larmes Je vous aimais trop Une chambre d'hôtel Les fleurs du mal en cadeau Une blessure nouvelle Je vous aimais trop Je vous aimais trop, je vous aimais mal Je t'aimais si fort que j'te veux du mal J'était tellement près de toi Que près des autres j'ai froid Nuit de gel quand le miroir se casse Sur le faux marbre des bars Des hôtels de passe Et j'ai relevé mon col J'veux plus des mots qui racolent Je connais la route de la plage Je sais d'avance quel virage Me conduit vers la mort Je vous aimais trop, je vous aimais mal Je t'aimais si fort que j'te veux du mal Mais j'en sortirai Déchiré, perdu Et je survivrai Je ne t'aime plus Bernard Lavilliers
May 04 L'écriture ou la vie II
Un autre passage de ce livre, particulièrement évocateur à mon sens.
Je retrouvais Lorène à Ascona,un village voisin, sur la rive du lac. Lorène ne savait rien de moi, rien d’essentiel : d’où j’arrivais, qui j’étais vraiment. A peine ce que je faisais là. Elle n’avait nulle autre raison de s’intéresser à moi que moi-même : C’est ça qui était bouleversant. Moi-même dans le présent, dans l’apparence insouciance d’un hiver à Ascona, où nous nous reposions tous les deux. Elle, d’une aventure conjugale sinistrement ratée. Moi, je ne savais plus de quoi. J’avais inventé une raison de me trouver là, en famille, j’ai oublié laquelle. Grâce à Lorène, qui n’en savait rien, qui n’en a jamais rien su, j’étais revenu dans la vie. C’est-à-dire dans l’oubli : la vie était à ce prix. Oubli délibéré, systématique, de l’expérience du camp. Oubli de l’écriture également. Il n’était pas question, en effet, d’écrire quoi que ce fût d’autre. Il aurait été dérisoire, peut-être même ignoble, d’écrire n’importe quoi en contournant cette expérience. Il me fallait choisir entre l’écriture et la vie, j’avais choisi celle-ci. J’avais choisi une longue cure d’aphasie, d’amnésie délibérée, pour survivre. Et c’était dans ce travail de retour à la vie, de deuil de l’écriture, que je m’étais éloigné de Claude-Edmonde Magny, c’est facile à comprendre. Sa lettre sur le pouvoir d’écrire qui m’accompagnait partout, depuis 1947, même dans mes voyages clandestins, était le seul lien, énigmatique, fragile, avec celui que j’aurais voulu être, un écrivain. Avec moi-même, en somme, la part de moi la plus authentique bien que frustrée.
Jorge Semprun
|
|
|